Critique de “Minuit à Paris” par Axel

Minuit à parisEtant un assez jeune cinéphile, je sais que j’ai des lacunes en culture cinématographique qui ne pardonne pas dans ce milieu, ne pas avoir vu de film de Woody Allen semble en être une assez grosse qu’il fallait réparer au plus vite. C’est ainsi que sans avoir aucune idée dans quoi je me lançais, j’ai profité de la sortie en Octobre dernier de « Magic in the Moonlight » pour assister à mon premier Woddy Allen et ce fut brillant et remarquable, mais ce film n’est pas le sujet d’aujourd’hui (peut-être une autre fois). Le film dont je vais vous parler est ma deuxième expérience avec Woody Allen, et on peut dire qu’elle fut encore plus concluante que la première.

« Minuit à Paris » sorti le 11 Mai 2011 que je regrette de ne pas avoir vu au cinéma car ce que l’on peut dire pour commencer cette critique c’est qu’il l’aime notre capitale le Woody, il l’aime tellement que sa réalisation déjà superbement maîtrisée d’habitude, vient porter un regard de passionné, d’amoureux et de nostalgique sur la «City of Love ». Les tableaux que sont chacun des plans du film défilent devant nos yeux ébahis, émerveillé par les compositions architecturales et chromatiques avec lesquelles le réalisateur joue avec ingéniosité, qui nous donne envie de plonger dans le Paris capté par sa caméra, de la même manière que l’on avait envie de vivre dans le Montmartre d’Amélie Poulain. Malheureusement Paris ne ressemble pas à ce qui est montré dans ce film, pas romantisé de cette façon en tout cas, s’il est vrai que les architectures sont magnifiques et qu’elles ont inspiré de grands artistes a réalisé quelque uns de leurs meilleurs travaux. Le Paris fantasque des touristes n’ayant pas encore mis un pied à Paris n’est qu’une illusion, mais qu’elle est belle cette illusion, elle est d’ailleurs parfaitement retransmise dans ce film, on ne rêve que d’une chose c’est qu’il puisse durer un petit plus longtemps pour profiter de la vision d’une ville qu’on ne verra sûrement jamais de cette façon.

Mais cette magnifique ville fantasque n’est pas la seule chose que Woody Allen filme ici, il a emmené dans son aventure Parisienne, comme d’habitude dans ses films, un casting de premier choix entre Owen Wilson délivrant une performance touchante et remplie de nostalgie d’un romancier tombant amoureux d’une ville, auquel je me suis beaucoup attaché et identifié, Rachel Mcadams jouant avec perfection le rôle de sa fiancée et de l’Américaine individualiste typique qu’on a juste envie de gifler. On retrouve aussi quelque tête d’affiche Française, tel que Léa Seydoux, Gad Elmaleh, Carla Bruni (qui galère parfois en anglais) qui joue tous plutôt bien et encore Marion Cotillard qui à ma grande surprise ne cabotine pas dans son rôle de muse de nombreux artistes, car même si je ne peux qu’applaudir ces dernières performances en tant qu’actrice dans des films Français (je vous conseille « 2 jours, 1 nuit » au passage), je la trouve tout le temps très mauvaise et cabotinante dès qu’elle doit jouer un rôle dans un film Anglo-Saxon, mais ici par je ne sais qu’elle miracle elle arrive à jouer avec toute la subtilité qui la caractérise habituellement. Présents aussi une myriade de grands acteurs et actrices interprétants des artistes ou des personnes importantes dans le Paris des années 1920, de Corey Stoll en Ernest Hemingway, en passant par le délicieux Adrien Brody qui campe parfaitement le rôle d’un certain Salvador Dali ou encore la ravissante Allison Pill en Zelda Fitzgerald toujours dans l’ombre de son mari écrivain F. Scott Fitzgerald ici interprété par Tom Hiddleston et j’en oublie encore plein d’autres.

Le film se passe bien à notre époque mais la subtilité du scénario réside dans ses voyages dans le temps du personnage principal qui se retrouve par un moyen (que je ne vais pas vous spoiler pour garder la surprise) transporté dans le Paris des années 1920, le Paris qu’il a toujours idolâtré, celui dans lequel il rêvait de vivre, ici il y rencontre ces plus grandes idoles Hemingway, Picasso, Bunuel et j’en passe… J’ai adoré cette histoire car étant un grand nostalgique moi-même je voulais être à la place de Gil Pender (Owen Wilson), car souvent il m’est arrivé de rêver de pouvoir rencontrer les Frères Lumière et de leurs montrer ce que leur invention est devenue (une immonde pompe à fric, c’est vrai pour beaucoup de film, mais heureusement pas tous), et voir leurs réactions.

Bref ce que je veux dire par là c’est qu’on a tous un jour rêver de rencontrer des artistes que l’on idolâtre, encore plus quand ceux-ci se trouve être mort, ce film est donc une œuvre de nostalgique pour nostalgiques mais il se permet aussi de critiquer intelligemment la nostalgie, avec toute la subtilité qui caractérise Woody Allen grâce à des dialogues superbement écrit il fait un magnifique parallèle entre les époques et la perception de la nostalgie à travers les âges, qui m’a énormément fait réfléchir sur l’impact sur nos vie de ce désir du passé, cette envie de toujours revenir en arrière sans pouvoir y remédier, cet aspect de l’histoire est magnifiquement abordé dans cette œuvre cinématographique.

Pour accompagner cette balade nostalgique dans les rues de Paris quoi de mieux que de superbe morceaux de Jazz de Cole Porter à Sidney Bechet ils y passent tous et accompagne à la perfection la poésie visuelle que le film nous sert sur toute sa durée, on reconnaît les choix très précis de Woody Allen en terme de musique qu’il ne met pas dans son film par hasard, qui sont ici pour  souligner l’histoire d’une touche de légèreté sans jamais s’envoler dans le cliché de la musique Hollywoodienne traditionnelle. Ça fait un bien fou d’entendre tous ces airs si indissociable de cette ville et de cette époque, dans un film qui ne les utilise pas juste pour mettre du Jazz parce que le metteur en scène aime ce style de musique, et pour ça je vous remercie monsieur Allen.

Donc si vous ne l’avez pas encore vu jetez-vous dessus, courez vous le procurer, asseyez-vous dans votre canapé, et laissez-vous porter par cette œuvre remplie de poésie visuelle et sonore, saupoudrée de nostalgie, croyez-moi vous ne le regretterez pas et ça vous fera un bien fou !

Axel

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Le cinéma semble être une addiction dont on ne se débarrasse pas facilement. C'est pour partager cette passion que j'ai créé ce site, vous pouvez me lire dans les critiques que j'écris et aussi m'écouter dans les émissions audio produites par MoviesNerd.
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