“3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance” par Quentin

Martin McDonagh, le réalisateur, avait taillé le personnage sur mesure pour l’immense Frances McDormand, c’est même après de longues discussions que seul son époux, Joel Coen (qui l’avait dirigé dans Fargo en 1996 et offert son premier oscar), parvint à la convaincre d’accepter ce que nous pouvons qualifier d’ores et déjà du rôle de sa vie. Un regard glaçant et des punchlines cinglantes masquant un cœur brisé, McDormand est Mildred Hayes, sorte de mère courage faisant face à la police raciste et désinvolte de son patelin, qu’elle considère incompétente dans la traque du meurtrier de sa fille. Trois panneaux publicitaires mettront la ville à feu et à sang, trois panneaux que nous ne sommes pas prêt d’oublier, sur lesquels la protagoniste défie le chef de la police, Bill Willoughby, excellent Woody Harrelson. Ainsi évolue le personnage incarné par la muse des frères Coen, si McDonagh ne cesse de jouer avec les nuances de gris dans lesquelles évoluent ses personnages, c’est pour mieux accentuer la réalité d’une Amérique de Trump orpheline de tous repères, le vieux se heurte au nouveau, le personnage incarné par Sam Rockwell (Golden Globes du meilleur acteur dans un second rôle) en est même le porte-drapeau. Ecriture fascinante d’un personnage sur le fil, son évolution à travers le long-métrage est tout bonnement savoureuse et l’une des grandes réussites de l’oeuvre.
3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance est l’opposition de deux mondes, celui d’hier et de demain, catharsis évidente des maux d’une Amérique désabusée, il est très vite clair que le scénario de Martin McDonagh vise bien plus haut que la simple enquête policière baignant dans l’humour noir. Non, le film est l’oeuvre majeur d’une nouvelle ère, celle qui exhorte à pardonner, se réinventer et avancer. Il serait donc peu étonnant de voir le long-métrage lauréat de nombreux prix à la cérémonie des oscars début mars prochain. Après In Bruges, Martin McDonagh s’affirme comme l’un des scénaristes les plus brillants du 21ème siècle, et il faut le voir pour le croire. Le travail d’écriture de l’artiste est tout bonnement dantesque, de ses personnages à la construction de son récit, on pense alors à la scène majeur de Woody Harrelson (impliquant une lettre et des chevaux), fascinante de maîtrise.
Un sacre face au gratin hollywoodien, c’est bien tout le mal qu’on souhaite à ce très bon Three Billboards Outside Ebbing, Missouri, riche de son habilité à exploiter bien des genres, et atteindre bien des cœurs.
Note : 4,5/5.
3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh, sorti le 17 janvier 2018 dans les salles françaises, avec notamment Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, …
Synopsis :  Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.
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Quentin

18 ans. Poufsouffle un peu trop accro au 7ème art, au citron et à Depeche Mode.
Ma cinéphilie vogue entre Titanic, La Belle et la Bête et les fantasmes de Tim Burton.
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