• Cinéma,  Critiques,  Critiques au Cinéma

    “Ma vie avec John F. Donovan” par Quentin

    Le cinéma, à n’en pas douter, est cet art qui se vaut véritablement lorsqu’il sait faire jaillir des émotions insoupçonnées par le spectateur même. On pleure, on tremble, on rit. Les poils s’hérissent et les larmes coulent. C’est là qu’un film nous a touchés en plein coeur, s’est adressé à notre sensibilité la plus personnelle. The death and life of John F. Donovan est de ces oeuvres. Sa portée, immense, sera sous-estimée. On retiendra les rumeurs sur sa production chaotique, l’éviction de Jessica Chastain lors du montage final, son accueil glacial auprès du public américain. Ironiquement, tout objet de scandale, loin de la pureté du matériau même, à l’instar des épreuves…

  • Adaptations,  Cinéma,  Critiques,  Critiques au Cinéma

    Critique de “Love, Simon” par Quentin

    Je pourrais parler de Love, Simon d’un point de vue purement technique, aborder sa douce photographie presque sucrée dans laquelle il baigne ; je pourrais également tarir Nick Robinson de moult éloges pour sa prestation si juste et naturelle du personnage éponyme, ou remercier cent fois Greg Berlanti, le metteur en scène, pour ce film et le travail énorme qu’il effectue depuis plus d’une décennie en tant que producteur afin de véritablement faire une différence quant aux représentations des minorités à travers des séries à larges audiences. Tous ces angles mériteraient d’être abordés, ce que je tâcherai de faire. Toutefois, je dois surtout vous parler de Love, Simon comme l’expérience…

  • Cinéma,  Critiques,  Critiques au Cinéma

    “Phantom Thread” par Quentin

    Couvrir la crasse de la condition humaine sous la beauté de la soie et des plats, Paul Thomas Anderson narre pour son huitième long métrage les amours merveilleusement pervers d’un éminent couturier, Reynolds Woodcock (fabuleux Daniel Day-Lewis), et de sa muse, la curieuse Alma Elson (Vicky Krieps, grande révélation). D’un rythme facilement repoussant, Phantom Thread est à bien des égards une oeuvre fascinante. Dans ce jeu de domination, Reynolds et Alma avancent tel des pions d’échec le tout sous le regard de “la vieille ça et ça” du héros, la magnétique soeur Woodcock, Cyril (Oscar pour Lesley Manville s’il vous plaît !). Plus qu’un jeu, Phantom Thread est une danse macabre entre deux grands talents…

  • Cinéma,  Critiques,  Critiques au Cinéma

    “3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance” par Quentin

    Martin McDonagh, le réalisateur, avait taillé le personnage sur mesure pour l’immense Frances McDormand, c’est même après de longues discussions que seul son époux, Joel Coen (qui l’avait dirigé dans Fargo en 1996 et offert son premier oscar), parvint à la convaincre d’accepter ce que nous pouvons qualifier d’ores et déjà du rôle de sa vie. Un regard glaçant et des punchlines cinglantes masquant un cœur brisé, McDormand est Mildred Hayes, sorte de mère courage faisant face à la police raciste et désinvolte de son patelin, qu’elle considère incompétente dans la traque du meurtrier de sa fille. Trois panneaux publicitaires mettront la ville à feu et à sang, trois panneaux…

  • Cinéma,  Critiques,  Critiques au Cinéma,  Les Avant-Premières

    “Kingsman : Le Cercle d’or” par Quentin

    Suite logique du phénomène pop sorti en 2015 et porteur du même titre, Kingsman : Le Cercle d’or est autant l’extension parfaite d’un univers d’une grande richesse que l’un des divertissements les plus généreux de l’année. Nullement une révolution du genre, pas non plus la bombe démentielle que fut le premier opus, le film se justifie pourtant parfaitement en tant que suite pure et simple, sans jamais prétendre talonner son prédécesseur. C’est sa plus grande qualité mais aussi son plus grand défaut, ce que le film gagne en grandiose, il le perd en effet de surprise. L’aspect assez fascinant qu’avait Kingsman premier du nom était sa façon de briser le cadre dans lequel s’était…

  • Cinéma,  Critiques,  Critiques au Cinéma

    “120 battements par minute” par Quentin

    Je dois vous parler de ce film tout comme celui-ci se devait d’exister. Oui, 120 battements par minute est de ces œuvres qui changent une vie. Trois semaines que je l’ai découvert en salles, trois visionnages depuis, ressentis de manières très différentes. Enfin une troisième et dernière fois en compagnie de celle sans qui je ne serais pas là pour écrire ces lignes aujourd’hui. Dire au revoir à ce long métrage en compagnie de ma mère pris très vite une tournure logique dans mon esprit, tout comme le parcours du protagoniste s’achève auprès de la sienne. Où commencer, quoi aborder… Tout d’abord vous dire que j’ai vécu chacun de ces…

  • Critiques,  Critiques de Séries actuelles,  Série

    “Skam” par Quentin.

    Kjære Skam, T’écrire est un exercice qui m’est extrêmement difficile, car je n’écris pas simplement à une série, à un divertissement, à un objet de fiction, mais à n’en pas douter bien plus que ça. Skam, merci de m’avoir reconnecté au monde. De m’avoir permis d’ouvrir les yeux sur les amis merveilleux qui me supportent aujourd’hui, de m’avoir permis d’en rencontrer d’autres qui m’ont porté vers l’adolescent épanoui que je suis maintenant. Plus encore de m’avoir fait comprendre que j’étais aimé, immensément aimé. Merci de m’avoir montré la valeur de la vie qui m’était donné, chose pour laquelle je te serai toujours reconnaissant. Merci pour Sana, qui m’a appris à…

  • Critiques,  Critiques au Cinéma

    Critique de “Moonlight” par Quentin

    Ces nuances de bleu me hanteront pour longtemps. Ces nuances que j’ai moi-même traversées, que je traverse encore et que nous traversons tous, celles de la quête de soi, celles qui nous créent et nous détruisent, celles qui font ce que l’on est malgré ce que l’on aimerait être, celles qui font que l’on pleure, que l’on rit, et avant toute chose, celles qui font que l’on aime. C’est sous ces mêmes nuances de bleu qu’évolue Chiron à travers trois étapes charnières de sa vie : L’enfance, l’adolescence et l’âge adulte. Trois étapes qui schématisent cette oeuvre d’art sur pellicule pleine de poésie, criante de vérité. Barry Jenkins (réalisateur du…

  • Cinéma,  Critiques,  Critiques au Cinéma

    Critique de “The Neon Demon” par Quentin

    Poupée d’égocentrisme entourée de hyènes affamées, Jesse porte en elle la douce noirceur du dernier souffle de l’adolescence. Envolée l’innocence, envolés les sourires glacés, l’héroïne du nouveau long métrage de Nicolas Winding Refn est un composé de complexité, dont Elle Fanning (Super 8, Maléfique, Somewhere, …), son interprète, se délecte sans retenue. Monstre de charisme, grâce de tous les instants, l’actrice âgée de dix-huit ans impressionne tant elle a déjà tout d’une grande. Jesse est peut être le meilleur personnage créé par l’artiste à ce jour, chacune des ses apparitions irradie l’écran. Sublimée par la caméra du metteur en scène danois, la jeune femme avance lentement vers la lumière, celle du succès…

  • Cinéma,  Critiques,  Le Vidéo Club MoviesNerd

    Critique de “Match Point” par Quentin

    Il y a dans “Match Point” quelque chose d’éternel. Un regard amer d’une authenticité incroyable sur tout un pan de notre société, sur l’amour et la place peut être trop importante qu’on laisse au hasard et à la chance dans nos vies. En décrivant l’ascension sociale de Chris Wilton, jeune et ambitieux professeur de tennis issu d’un milieu modeste, Woody Allen va non seulement dénoncer l’hypocrisie d’une bourgeoisie conservatrice appuyée sur le paraître, mais également pousser le spectateur dans ses propres retranchements en l’amenant à se poser diverses questions existentielles, au final toutes plus terrifiantes de vérité les unes que les autres. Si Jonathan Rhys-Meyers (Les Tudors, Alexandre, Belle du…

  • Cinéma,  Critiques,  Critiques au Cinéma

    Critique de “Carol” par Quentin

    C’est sous la caméra de Todd Haynes qu’évoluent les resplendissantes Cate Blanchett et Rooney Mara, dans une romance traitée dans toute sa normalité, passant au-delà des interdits de l’époque dans lequel le film s’inscrit. Fort d’une mise en scène soignée et d’une photographie allant jusqu’à la perfection, “Carol” est le récit d’une jeune femme qui va éclore au contact d’une personne qui lui est clairement opposée, qui va apprendre à dire “non”, faire ses propres choix, apprendre à (s’)aimer. Si il est surtout un long métrage à la gloire de la femme, le film est également le parfait contre-pied de toutes les romances interdites à fin tragique. Nous sommes certes face…

  • Cinéma,  Critiques,  Critiques au Cinéma,  Les Avant-Premières

    Critique de “The Revenant” par Quentin

    Habité et remarquable, “The Revenant” est incontestablement l’une des expériences cinématographiques les plus fortes de ces dernières années.   C’était les grands yeux bleus d’Emma Stone qu’Alejandro González Iñárritu filmait l’année dernière dans son splendide “Birdman”. Cette année, c’est ceux de Leonardo DiCaprio qu’il va tenter de sonder durant ces deux heures trente six de film. L’acteur n’a jamais été aussi bon que dans “The Revenant”, et dieu seul sait à quel point son jeu était parfait dans le reste de sa filmographie. Une palette de jeu époustouflante, de la rage à la tristesse en passant par le désespoir, un engagement physique herculéen et un charisme toujours très présent, Leonardo…