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Critique de “Wild Rose” par Axel

Three Chords and the Truth

Wild Rose est un film pour lequel je n’avais quasiment aucune attente, je n’avais vu aucunes bandes-annonces, ni lu de synopsis avant de mettre les pieds dans la salle. Tout ce que je savais de lui étaient les 7/8 lignes qui lui était consacré dans les pages critiques du Première de Juillet/Août évoquant un film musical assez prenant autour de la musique Country, cela avait suffi à attiser ma curiosité sans rien avoir dévoilé du film. Il y avait également l’affiche qui clamait haut et fort « Vous pouvez oublier A Star is Born » écrit en si gros en haut de celle-ci qu’on pouvait vraiment douter un instant sur le véritable titre du film. Bref pas grand-chose à quoi me raccrocher pour savoir clairement ce que j’allais voir, surtout que n’ayant pas vu A Star is Born la promesse que ce film me fasse oublier celui-ci ne me concernait pas du tout.

Wild Rose raconte l’histoire d’une jeune femme écossaise du nom de Rose-Lynn dont le rêve le plus cher et celui pour lequel elle est prête à tout sacrifier est d’aller à Nashville (ville emblématique de la musique Country qui est encore aujourd’hui un extraordinaire vivier à talents) pour devenir chanteuse, vous l’aurez deviné, de Country. Mais tout n’est pas si simple dans sa vie, puisque après avoir passé une année en prison pour une histoire de drogues elle sort en liberté conditionnelle, ce qui veut dire qu’elle devra porter un bracelet électronique à la cheville et qu’elle ne pourra pas s’éloigner du périmètre de sa maison de 19h à 7h. Et comme si cela ne suffisait pas à lui causer assez de soucis à notre bonne vieille Rose-Lynn elle a en plus deux enfants (une fille de 7/8 ans et un garçon de 4/5 ans) qui ont été laissés à leurs grand-mère le temps de la virée en prison de leur mère. Elle va accepter à contre cœur un emploie en tant que femme de ménage dans une famille plutôt aisée pour essayer d’accomplir son rêve. Voilà grosso modo les enjeux qui sont expliqués de manière claire et concise lors du quart d’heure d’introduction du film, et qui vont poser les bases sur lesquelles vont se reposer les 85 autres minutes de celui-ci.

Durant ces premières quinze minutes on nous dévoile également la personnalité de Rose-Lynn et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est dur en tant que spectateur de trouver de la sympathie (en tout cas au début) avec un tel personnage principal, ce qui est à n’en pas douter la volonté du réalisateur qui fait tout pour nous la rendre antipathique à souhait, sans jamais aller jusqu’à la faire passer pour une personne avec de véritables mauvaises intentions. Rose-Lynn peut devenir rapidement violente, n’a clairement pas sa langue dans sa poche, elle vole sans aucun remords et est très égocentrique, à tel point qu’on en vient à se demander si elle pourra véritablement changer, comme le veut la sorte de tradition non écrite de ce genre de films qu’on appellera « Coming of Age » pour faire hype et branché, comprenez un récit initiatique. Tous ses défauts mais aussi ses quelques qualités qui se dévoileront timidement au fil de l’intrigue en font un personnage très intéressant à suivre pour le spectateur qui même s’il aura beaucoup de mal à sympathiser avec ses actions, surtout quand il en vient aux scènes avec ses enfants qui sont pour certaines de véritable crève-cœur préférant souvent choisir la poursuite de son rêve plutôt que le bien-être de ceux-ci, ne pourra pas s’empêcher de vouloir connaître la suite de l’intrigue et le développement de celle-ci par le prisme de Rose-Lynn.

La qualité du personnage principal ne tient pas uniquement à son écriture mais aussi en grande partie à son interprète Jessie Buckley, qui déborde d’une énergie communicative qui fait que même si on la voit constamment faire des choses qui m’ont mis hors de moi en me faisant dire intérieurement « Mais pourquoi tu fais ça ? Tu vas tout gâcher ! » à plusieurs reprises, elle reste bizarrement attachante et a ce « jenesaiquoi » (pour emprunter un mot de vocabulaire aux directeurs de casting) qui nous attrape et ne nous lâche pas jusqu’à la fin du film. La distribution des seconds rôles a également été fait avec justesse par le réalisateur, les dialogues sont délivrés sans fausses notes et même les deux enfants acteurs sont très bien dirigés pour nous faire ressentir toutes leurs émotions durant les scènes entre eux et leur mère qui sont les plus réussies du film à mon goût car subtilement mises en scène et dialogués avec une grande maîtrise digne des plus grands films de drames familiaux (Non pas toi, Juste la Fin du Monde rentre chez toi, tu es bourré).

La réalisation quant à elle, assurée ici par Tom Harper qui s’était illustré précédemment principalement dans la réalisation d’épisodes de différentes séries Britannique, est d’un classicisme auquel on s’attend en allant voir ce genre de film, il n’y a pas beaucoup de prise de risque mais il en reste malgré tout quelques scènes qui sortent du lot, comme ce plan aérien au drone à la Zodiac mais aussi la subtilité avec laquelle il filme les scènes de famille ainsi que toute la séquence de Nashville qui nous fait comprendre ainsi qu’au personnage une chose essentielle de l’intrigue juste par sa mise en scène astucieuse. Alors bien sûr vous vous dites à ce moment de la critique que je n’ai toujours pas parlé de la musique dans ce film qui est censé être centré sur la musique Country, cela s’explique par le fait que même si tout cet aspect est très réussi et que la voix de Rose-Lynn (A.K.A Jessie Buckley) est splendide et vous fera frissonner à quelques reprises sous réserve que vous aimiez un tant sois peu la musique Country, ne semble pas être l’aspect qui intéresse le plus le réalisateur, non, avec ce film Tom Harper veut d’abord nous parler du destin d’une jeune mère célibataire de 2 enfants qui vient de sortir de prison et dont le rêve se trouve être d’être chanteuse Country, l’aspect drame familial est celui qui ressort le plus car c’est bien l’aspect du film le plus réussie.

Wild Rose est un film qui ressemble à une chanson de Dolly Parton, Loretta Lynn ou Patsy Cline, ça dégouline de sentiments qu’ils soient bons ou mauvais, mais ça ne cache jamais sa véritable intention de raconter la plus sincère et la plus pure des vérités entre deux, trois phrases qui pourraient sembler d’une banalité affligeante si elles étaient sorties de leurs contextes.

Wild Rose

7

Notes

7.0/10

Les Plus

  • L'aspect drame familial vraiment réussi
  • Des chansons qui vous feront frisonner si vous aimez la musique Country
  • Un casting tout feu tout flamme avec une Jessie Buckley au top de sa forme

Les Moins

  • Un personnage principal difficilement supportable moralement pendant une bonne partie du film
  • Une réalisation qui ne brie pas par son originalité
  • Un essoufflement du rythme au tiers du film
Axel

Le cinéma semble être une addiction dont on ne se débarrasse pas facilement. C'est pour partager cette passion que j'ai créé ce site, vous pouvez me lire dans les critiques que j'écris et aussi m'écouter dans les émissions audio produites par MoviesNerd.

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