Critique de “Free Love” par E-Stark

julianne-moore-freeheld-2015

“Je ne demande que l’égalité.”

Julianne Moore – “Free Love” de Peter Sollett (2016)

Encore un film qui risque de se faire lyncher parce qu’il traite d’un sujet fort de manière conventionnelle. Mais pas par moi en tout cas.

freeheld-reelgoodÉvidemment on ne va pas voir Free Love pour y trouver un quelconque exercice de style, on y va surtout pour le sujet. On le sait, en France pour parler des différences on nous sort au mieux La Vie d’Adèle et au pire du pire Poltergay, aux Etats-Unis ils font Free Love et Philadelphia, tout simplement parce que c’est de cette manière que les messages passent plus facilement chez eux.
Je ne dirais pas qu’une manière est meilleure que l’autre pour traiter le sujet, mais je trouve qu’on critique trop facilement un film parce qu’il est conventionnel. La conventionnalité n’est pas systématiquement un défaut, la preuve en est car ce Free Love malgré son manque d’originalité demeure très beau.

maxresdefaultLe film fonctionne plutôt bien sur le fond, un peu moins sur la forme c’est vrai, et encore il faut avouer que côté tire-larme il y a eu pire, bien pire. Le sujet est amené correctement et ses aboutissants trouvent une logique. D’autre part il est d’ailleurs malheureusement toujours aussi indispensable. Alors oui ça comporte un côté militant, au même titre que Pride qui était pourtant un peu plus léger dans sa narration. Free Love fait ce que beaucoup de films ont déjà fait, il appuie là où il faut pour accentuer la narration, il joue sur l’émotion du spectateur et il véhicule quelques clichés.

Mais après tout, ça on le sait déjà plus ou moins sans même avoir vu le film. Ce qui finalement rend l’ensemble assez louable c’est que l’écriture avoue quasiment tout cela. Il y a par exemple une ressemblance volontaire entre les protagonistes du film et ceux dont l’histoire est tirée. Le cinéphile trouvera ça sans intérêt parce que déjà trop vu et revu, mais le spectateur lambda pourra y trouver son compte et pourquoi pas découvrir deux actrices excellentes.
Julianne Moore même dépourvue de sa toison rousse s’avère juste et étonnamment délicate dans ce registre, au même titre que dans Still Alice, lui aussi décrié et pourtant juste dans le fond. Ellen Page quant à elle apporte une vraie sensibilité à l’ensemble, certainement parce que le sujet la touche de plus près, mais aussi plus simplement parce qu’elle est douée. Michael Shannon impose toujours beaucoup sans pour autant prendre toute la place, il est même d’ailleurs plus nuancé qu’à son habitude et c’est agréable.

freeheld_courtesy

Donc oui c’est plan-plan en terme de mise en scène, oui ça nous ressort pas mal de choses que l’on sait déjà, mais cela n’enlève rien aux intentions sommes toutes plus que louables du film. Free Love est l’un de ces nombreux films sur la différence et l’acceptation de l’autre qui joue sur la corde sensible, mais il le fait avec une telle sincérité qu’il est difficile de lui en vouloir. Moi en tout cas j’ai apprécié.

Ma note : 7/10

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux:
E-Stark
Me retrouver

E-Stark

Cinéphile parfois cinéphage, j'aime écrire et lire des critiques. Je voue un véritable culte à Terrence Malick et Tim Burton, mais je suis d'une manière générale assez éclectique en matière de cinéma.

Bonne lecture ... ou pas !
E-Stark
Me retrouver
E-Stark

E-Stark

Cinéphile parfois cinéphage, j'aime écrire et lire des critiques. Je voue un véritable culte à Terrence Malick et Tim Burton, mais je suis d'une manière générale assez éclectique en matière de cinéma. Bonne lecture ... ou pas !

Laisser un commentaire