Critique de “Love, Simon” par Quentin

Simon Spier (Nick Robinson) & Leah Burke (Katherine Langford)

Je pourrais parler de Love, Simon d’un point de vue purement technique, aborder sa douce photographie presque sucrée dans laquelle il baigne ; je pourrais également tarir Nick Robinson de moult éloges pour sa prestation si juste et naturelle du personnage éponyme, ou remercier cent fois Greg Berlanti, le metteur en scène, pour ce film et le travail énorme qu’il effectue depuis plus d’une décennie en tant que producteur afin de véritablement faire une différence quant aux représentations des minorités à travers des séries à larges audiences. Tous ces angles mériteraient d’être abordés, ce que je tâcherai de faire.
Toutefois, je dois surtout vous parler de Love, Simon comme l’expérience cinématographique qu’il a constitué, pour moi comme pour beaucoup d’autres. Le long métrage narre l’histoire de Simon, un adolescent qui aime passer du temps avec ses amis, boire beaucoup de café, manger des Oreos, regarder Harry Potter. Un jour, il tombe amoureux ; le début de beaucoup de teenage movies ayant nourri ma “cinéphilie” ces dernières années. Sauf que Simon est gay.

 

Le film de Greg Berlanti arrive alors comme le chant du cygne d’une période de mon existence, où mon histoire personnelle se joint à ma passion pour m’offrir ce que j’ai quelque part attendu toute ma vie : me reconnaître au cinéma. Love, Simon n’est pas la tragique histoire d’un adolescent faisant face à la dureté du coming out, le personnage incarné par Nick Robinson le soulève très bien : c’est l’histoire d’un passage à l’âge adulte, et dans le cas présent, ce que le coming out représente à un tournant décisif de la vie d’un adolescent. Accepter que plus rien ne soit jamais pareil, accepter que l’on grandisse.
“I’ve been thinking about why I haven’t come out yet. Maybe part of me wants to hold onto who’ve I’ve always been, just a little longer. No matter what, showing who you are to the world is pretty terrifying because what if the world doesn’t like you?”
La caméra du scénariste de Dawson’s Creek suit alors son protagoniste à travers ses péripéties ; tantôt hilarantes, tantôt pleines d’émotion, le tout évoluant sous l’ombre des codes du cinéma de John Hughes (Breakfast Club), avec toujours beaucoup de bienveillance et de respect, écrivant innocemment l’histoire.
Jamais misérabiliste, jamais trop politique, trop engagé, Love, Simon est un exemple d’inclusion en traitant l’histoire de son héros comme celle de n’importe qui, et c’est peut-être ce qui fait sa plus grande réussite.
Doux et beau, le film est également l’occasion de laisser briller son excellent casting : Jennifer Garner est la maman rêvée de tous, mais son personnage est également symbolique, ses paroles lors de SA scène ne s’adressent alors pas qu’à Simon, mais à bien toute une jeunesse. Au second plan mais tout aussi exceptionnelle, Katherine Langford, la fameuse Hannah Baker de la série-phénomène Netflix 13 Reasons Why, trouve ici un rôle à la hauteur de l’artiste et jeune femme inspirée et inspirante que son image médiatique dégage. On croise les doigts pour que Leah, le personnage qu’elle incarne, ait droit à son propre spin-off sur grand écran, après la sortie récente de son histoire (Leah à contretemps, ndlr) sous la plume de Becky Albertalli, auteure du roman dont le film est adapté.
Crucial, inespéré, nécessaire, Love Simon est beaucoup de choses, mais marque surtout d’une pierre blanche l’aube d’un cinéma nouveau. J’aime à voir le 7ème art comme un miroir de notre monde, et alors que se tiendra samedi à Paris la marche des fiertés comme un peu partout sur le globe depuis le début du mois, mon coeur est empli de sérénité et de confiance. Les représentations comptent, aujourd’hui plus que jamais ; le film est le début d’une discussion, celle qui fera que les choses changeront.
Love, Quentin.
“You get to exhale now, Simon”

 

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Quentin

18 ans. Poufsouffle un peu trop accro au 7ème art, au citron et à Depeche Mode.
Ma cinéphilie vogue entre Titanic, La Belle et la Bête et les fantasmes de Tim Burton.
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18 ans. Poufsouffle un peu trop accro au 7ème art, au citron et à Depeche Mode. Ma cinéphilie vogue entre Titanic, La Belle et la Bête et les fantasmes de Tim Burton.

Un commentaire

  1. Magnifique critique Quentin, pleine d’émotion !

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