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Critique de “La Belle et le Clochard” par E-Stark

“Papa a ce tendre respect pour les animaux.

Pour lui chaque animal a une personnalité.”

Diane Disney Miller, extrait de “Walt et ses chiens”, bonus Disney+ pour “La Belle et le Clochard” (1955)

Annoncé pour une sortie directement sur la plateforme Disney+, La Belle et le Clochard loin de représenter une énième version live d’un classique Disney, s’avère être une petite surprise rafraîchissante.

Alors que le remake live du Roi Lion en 2019 était un immense ratage, La Belle et le Clochard quant à lui remet en avant les films avec des chiens, un genre désuet depuis une quinzaine d’années. Disney a pourtant déjà su par le passé rendre ce type de films attractif en jouant sur la corde sensible de la mignonnerie et la dimension familiale, on a ainsi vu plusieurs long-métrage comme les cultes L’Incroyable Voyage4 bassets pour un 1 danois, et évidemment l’adaptation live des 101 Dalmatiens et sa suite. En 2006 c’était la regrettée star de Fast & Furious, Paul Walker qui menait son équipage de chiens de traîneaux dans Antartica, prisonniers du froid. On ne citera pas la franchise des Copains (dans l’Espace et compagnie … ). D’ailleurs sur Disney+, si vous êtes amateur des films mettant en scène nos compagnons canins, il y a pléthore de films sur le sujet, allant du Chihuahua de Beverly Hills à Croc-Blanc, à noter que Togo avec Willem Dafoe produit par Disney+ semble également très prometteur.

La première chose qui frappe dans cette version live du classique de 1955, c’est sa qualité visuelle. Jonglant habilement entre les prises de vue réelles et les images de synthèse, La Belle et le Clochard déploie sa dimension “mignonne” sans jamais tomber dans la surenchère. La Nouvelle-Angleterre est magnifiquement rendue et fourmille de petits détails, l’architecture des bâtiments est notamment très agréable à l’œil. Le seul reproche visuel réside dans la photographie qui parfois est un peu sombre ou terne, notamment lors des scènes de nuit sans lumière artificielle. Concernant le scénario il reprend la quasi-totalité du film d’origine, tout en modernisant l’ensemble sans véritablement le dénaturer de sa substance. Lady étant une petite chienne avec du caractère, là où le personnage de 1955 correspondait plus à l’image de la femme à cette époque. Rien de neuf ou d’étonnant dans ce traitement, mais cela reste bienvenue.

Les personnages de manière générale possèdent tous une histoire, même les secondaires comme Cesar et Jacqueline qui bien que plus fonctionnels parviennent pourtant aussi à garder en substance. Le Clochard quant à lui demeure tout aussi attachant que sa précédente version, on en apprend même ici plus à son sujet. Jim et Darling en ce qui les concerne forment un couple mixte, certes assez éloignés des conventions de l’époque dans laquelle le film est censé se dérouler, même si ce choix narratif ne manque ni de sens ni d’importance. La Tante Sarah est un personnage plus archétypal et binaire, elle adore ses deux chats, qui ne sont d’ailleurs plus des siamois, donc elle déteste forcément les chiens, ce qui était déjà le cas dans l’autre film.

On regrettera surtout que le “méchant” du film soit incarné par un employé de la fourrière caricatural et sans réelle prestance, pour le coup le personnage n’a qu’une fonction, celle de mettre des bâtons dans les roues de nos deux héros. Les séquences chantées quant à elles, si elles restent mignonnes (hormis celle des chats, assez mal fichue), sont pour la plupart conventionnelles et ne suffisent pas à elles seules à porter le film. En revanche il est fort appréciable de voir la mise en scène reprendre certains aspects qui faisaient la saveur du film d’origine, notamment cette tendance à filmer à hauteur de chien.

La Belle et le Clochard version 2020 s’avère donc être un remake qui s’il ne révolutionne ni n’invente rien, complète bien le film d’origine et lui rend même hommage.

La Belle et le Clochard

7

Note

7.0/10

Les Plus

  • Une version live sympathique.
  • Une mise en scène rafraîchissante.
  • Une nouvelle adaptation en forme d'hommage.

Les Moins

  • Un méchant trop basique.
  • Des passages chantés parfois anecdotiques.
E-Stark

Cinéphile parfois cinéphage, j'aime écrire et lire des critiques. Je voue un véritable culte à Terrence Malick et Tim Burton, mais je suis d'une manière générale assez éclectique en matière de cinéma. Bonne lecture ... ou pas !

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