Critiques

Critique de “Wonder Woman 1984” par E-Stark

“Tout à un coup, y compris la vérité.”

Gal Gadot – “Wonder Woman 1984” de Patty Jenkins (2021)

Il y a de quoi partir peu confiant sur Wonder Woman 1984, cela même si le premier volet était une réussite. Patty Jenkins de retour à la réalisation nous promettait un film pop et coloré, mais qu’en est-il vraiment ?

Alors qu’en 2016 Zack Snyder introduisait la célèbre Amazone au sein du DCEU dans Batman v Superman, le temps était venu pour l’héroïne d’avoir son propre film solo. Ce dernier avait créé à la surprise en étant à la fois rentable au box-office et en faisant même presque l’unanimité du côté des critiques, un succès que l’on aurait pas soupçonné tant la mise en place de l’univers étendu de DC au cinéma semblait chaotique. C’est donc tout naturellement que Wonder Woman a droit à une suite, qui ne se place non pas après les évènements de la Justice League, mais plutôt dans la continuité du premier volet.

 

Diana Prince après avoir sauvé le monde de la fureur d’Arès, mène une petite vie somme toute assez rangée entre son travail au musée de Washington D.C. et sa condition de super-héroïne. Sa nouvelle collègue Barbara Minerva est même plutôt sympathique bien qu’un peu gauche, mais Diana l’aime bien, c’était en revanche sans compter sur Maxwell Lorde, un tocard bien décidé à devenir le “numéro 1” mondial par tous les moyens. Une chose en entraînant une autre, une mystérieuse pierre antique amènera progressivement le chaos et forcera notre héroïne et ses antagonistes à faire des choix.

 

Wonder Woman 1984 frappe en premier lieu avec son changement de ton, c’est je crois d’ailleurs un bon résumé du film dans ce qui le différencie de son aîné. Là où la Seconde Guerre Mondiale faisait rage dans le premier film, ici c’est en pleine Guerre Froide (relativement peu évoquée) que le film prend place, le premier volet fonctionnait car il parvenait à jauger habilement sa dimension dramatique et sa tangente super-héroïque liée à Diana Prince. Malheureusement le souffle épique est trop souvent absent de Wonder Woman 1984, point de scène d’ampleur telle que celle du No Man’s Land dans le film précédent, Patty Jenkins ne propose que le minimum syndical en terme de mise en scène et bon nombre de séquences qui étaient sensée faire mouche tombent malheureusement à plat.

 

Pire encore, les personnages manquent pour la plupart de relief. Si Pedro Pascal en grand méchant n’est déjà pas en soi une évidence, force est de constater qu’en plus d’avoir un rôle écrit avec les pieds, l’acteur en fait des caisses. Jamais juste et constamment dans la grimace. Voilà déjà un élément problématique. Mais c’est sans compter sur le personnage de Cheetah campée par Kristen Wiig. Le traitement de Cheetah qui est tout de même sensée être la pire ennemie de Wonder Woman, n’est pas convaincant du tout. Exit l’histoire du rituel et du sacrifice pour devenir la super-prédatrice, un simple vœu formulé à côté de la machine à café suffit ici. C’est dommage car l’actrice ne s’en sort pas si mal pourtant, mais le personnage reste bien trop insipide à l’écran. Sans compter sur son design qui à lui seul démontre qu’il existe encore plus traumatisant que la bande-annonce de Cats.

 

 

En somme hormis une Gal Gadot toujours impeccable et un Chris Pine plus léger ici certes, mais néanmoins convaincant, il n’y a pas grand chose à sauver de ce Wonder Woman 1984. Trop long, trop kitch, mal écrit et trop rarement divertissant. En espérant que la réalisation saura tirer les leçons de ces erreurs sur le troisième volet, d’hors et déjà annoncé.

 

Wonder Woman 1984

5

Ma note :

5.0/10

Les Plus

  • Gal Gadot toujours impeccable.
  • Kristen Wiig s'en sort plutôt bien.

Les Moins

  • Une réalisation bancale, rythme chaotique.
  • Pedro Pascal trop peu convaincant.
  • Une caractérisation des antagonistes sans relief.

Cinéphile parfois cinéphage, j'aime écrire et lire des critiques. Je voue un véritable culte à Terrence Malick et Tim Burton, mais je suis d'une manière générale assez éclectique en matière de cinéma. Bonne lecture ... ou pas !

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