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Critique de « La Belle et la Bête » par E-Stark

replique-la-belle-et-la-bete-11« Tu rêves mon pauvre ami, elle te voit comme un tortionnaire et comme un monstre. C’est sans espoir. »

Emmanuel Jacomy, la voix de la Bête – « La Belle et la Bête » de Gary Trousdale et Kirk Wise (1991)

Il est assez difficile pour moi de parler clairement de La Belle et la Bête tant il a eu d’importance dans ma cinéphilie. Au-delà d’être un grand classique des studios Disney, le film est surtout à mes yeux une vraie merveille qui a son identité propre que l’on ne retrouve dans aucun autre film d’animation.

belleSorti l’année de ma naissance, La Belle et la Bête a évidemment parcouru toute mon enfance. Usant la VHS pour finir par connaître les répliques et les chansons sur le bout des doigts, il va sans dire que si je devais nommer les films qui ont forgés le cinéphile que je suis aujourd’hui, il en fait assurément partie. Mais en dehors de ce que le cinéma représente pour moi, le film prône également des valeurs qui me sont chers, notamment la compassion et la clémence mais aussi l’amour au-delà des différences.

Car si Disney nous a déjà gratifié de tels morales dans ses précédents films, La Belle et Bête s’avère en être le paroxysme à mes yeux. Grâce à une animation qui garde encore aujourd’hui tout son charme et peine vraiment à prendre un coup de vieux (et tant mieux !), le film qui de prime abord semble s’adresser aux plus petits, véhicule bons nombres de messages forts qui ont toujours aujourd’hui une importance capitale. Bien sûr lorsque l’on évoque La Belle et la Bête on pense surtout à une illustration du Syndrome de Stockholm, mais heureusement le film sait parfaitement comment adapter cela pour le grand public. En résulte une relation entre Belle et la Bête infiniment profonde, juste et touchante.

Là où Blanche Neige et les Sept Nains, La Belle au bois dormant et bien sûr Cendrillon nous présentaient des héroïnes qui devaient être conquises par leurs princes charmants, le film de Gary Trousdale et Kirk Wise nous propose une jeune fille forte et courageuse qui va non seulement se sacrifier pour l’amour qu’elle porte à son père, puis se battre pour celui qu’elle porte à la Bête, elle ira même jusqu’à sauver son bien-aimé. C’est pour ainsi dire du jamais vu dans un film d’animation Disney, bien que La Petite Sirène amorçait déjà un peu cette tendance, mais Ariel demeurait cependant naïve, là où Belle est dépeinte comme libre et sûre d’elle.

Évidemment on retrouve ici tout ce qui caractérise un film d’animation Disney. Les chansons sont de la partie et chose rare; elles sont toutes bonnes. L’histoire éternelle et la mise en scène qui lui est associée traduisent à la fois le sentiment amoureux et évoque quelque chose de plus universel. Quant à C’est la Fête !, plus légère, elle apporte ce qu’il faut de magie et permet aux personnages secondaires d’avoir plus de profondeur, révélant même les enjeux dramatiques qui pèsent sur ces personnages. Des serviteurs dévoués qui malheureusement comme leur maître se retrouvent piégés par le sortilège. Car le film c’est aussi cela, il nous parle non seulement d’une histoire d’amour qui tend à transcender les différences voir même les genres si on y réfléchit bien, mais aussi des conséquences engendrées par l’égoïsme. C’est grâce à une mise en avant habile de toutes ces thématiques que le film se révèle finalement bien plus moderne que la plupart des autres qui peuvent sortir encore aujourd’hui.

gaston-beauty-and-the-beast-disneyL’animation est sublime, jonglant habilement entre dessins traditionnels, animation 3D par ordinateurs (CAPS) et même l’intégration de prises de vues réelles comme c’est le cas pour la fumée dans la séquence de transformation par exemple. Cet ensemble est ré-haussé par les superbes compositions d’Alan Menken et Howard Ashman, des musiques et des chansons qui servent à la fois à la magie apportée par les visuels et au romantisme de l’histoire. Bien entendu comme dans tout bon Disney qui se respecte on retrouve une délicate nuance entre le merveilleux grâce aux objets enchantés, et une dimension plus sombre notamment lors des premières apparitions de la Bête menaçante et impressionnante. Bien sûr le film n’a pas peur non plus d’évoquer des thématiques plus violentes, comme l’image de Gaston en chasseur, l’antagoniste prêt à aller jusqu’au meurtre, bien que ce personnage soit un peu atténué par son faible intellect.

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En somme La Belle et la Bête est un classique Disney qui n’a pas à rougir à la fois de ses prédécesseurs et successeurs. Le film est à l’image de l’histoire qu’il propose : intemporel. C’est à cela que l’on reconnaît un chef-d’oeuvre et il va sans dire que La Belle et la Bête en est un.

Ma note : 10/10

Cinéphile parfois cinéphage, j'aime écrire et lire des critiques. Je voue un véritable culte à Terrence Malick et Tim Burton, mais je suis d'une manière générale assez éclectique en matière de cinéma. Bonne lecture ... ou pas !

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