Critique de “The Voices” par Quentin

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Troisième long métrage de Marjane Satrapi après les excellents “Persepolis” et “Poulet aux prunes”, “The Voices” s’avère aussi burlesque que subversif, à l’instar des ses grands frères. Nous est donc narré l’histoire de Jerry (Ryan Reynolds), employé un peu psychotique de l’usine de baignoires de la ville, éperdument amoureux de la jolie comptable Fiona (Gemma Arterton) & dont le passe temps favori est de faire la discussion à son chat et son chien, Mr. Moustache & Bosco. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire – du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments… C’est donc d’un postulat aussi décalé que part le film, nous faisant passer à travers des genres très variés tels que la comédie ou l’horreur, trouvant d’ailleurs un équilibre assez surprenant là où “Horns” d’Alexandre Aja, qui jouait à peu près sur le même tableau, ne remplissait le contrat qu’à moitié. Fort d’un casting franchement bon, “The Voices” offre à Ryan Reynolds le meilleur rôle de sa carrière et lui donne l’occasion de se racheter une nouvelle vie à Hollywood alors que beaucoup de portes étaient en train de se fermer pour lui. Empreint d’une naiveté et d’une douceur totale dans son approche de cet ignoble psychopathe, l’acteur fait vraiment des étincelles, secondé par une palette d’actrices toutes plus talentueuses les unes que les autres : Gemma Arterton rayonne tandis qu’Anna Kendrick fait preuve une nouvelle fois d’une prestation très juste. Egalement présente au casting, l’attachante Jacki Weaver des brillants “Animal Kingdom” et “Happiness Therapy”. Le personnage qu’elle incarne, pour faire simple, c’est nous. On est effrayé, comme elle, par ce doux rêveur complètement azimuté qu’est Jerry, mais impossible de ne pas le prendre en pitié, un peu victime de son propre vécu également et partant constamment de bonnes intentions. En sortant de salles, on ne peut s’empêcher de penser que “The Voices” n’est qu’une succession de bons goûts. La mise en scène est légère et très agréable, Marjane Satrapi s’avère être excellente dans la direction de ses acteurs et sait parfaitement y faire avec la caméra. La photographie est également très réussie, passant par une image très colorée lorsque le personnage de Reynolds sombre dans la folie, à des plans lugubres et inquiétants lorsque que ce dernier retrouve la raison, on se dit que tourner le film du point de vue du protagoniste, en nous entraînant totalement dans les limbes de son cerveau d’une complexité affolante, est véritablement l’une des meilleures idées du film. Accumulation de trouvailles brillantes, le long métrage se clore d’ailleurs sur un générique mémorable, voire même l’un des meilleurs qu’il m’ait été donné de voir tant il est aussi surprenant que bienvenu. 391481.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxEt que dire de la bande originale ? fascinante ! On passe de morceaux ridicules mais collant parfaitement à l’univers bariolé du long métrage, à des scores d’un lyrisme époustouflant. Je ne pouvais conclure cette critique sans parler de M. Moustache et Bosco, deux personnages qui marqueront la culture pop pendant un petit moment. Drôlissimes et osés, les animaux de compagnie de Jerry propose des scènes d’anthologie, notamment une scène complètement subversive où le serial killer regarde des animaux s’accoupler à la télévision, surplombé par les commentaires salaces du chat, représentation du diable face à l’ange Bosco, conscience directe du protagoniste. “The Voices” propose une immersion totale au sein du psyché d’un tueur en séries. Fascinant, doucement mordant et terrifiant, c’est l’un de vos rendez-vous cinéma majeur de ce mois de mars 2015.

Note : 3,5/5.

“The Voices” de Marjane Satrapi, sorti le 11 mars 2015 dans les salles françaises, avec notamment Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick, Jacki Weaver, …

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Quentin
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Quentin

17 ans. Un peu trop accro au 7ème art, au citron et à Depeche Mode.

Quentin en 10 films :
Roméo + Juliette (1996)
La Belle et la Bête (1991)
Titanic (1997)
Shrek 2 (2004)
Edward aux mains d'argent (1990)
L'Empire contre-attaque (1980)
The Dark Knight, le chevalier noir (2008)
Ghost (1990)
Vaiana, la légende du bout du monde (2016)
Le Secret de Brokeback Mountain (2005)
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17 ans. Un peu trop accro au 7ème art, au citron et à Depeche Mode. Quentin en 10 films : Roméo + Juliette (1996) La Belle et la Bête (1991) Titanic (1997) Shrek 2 (2004) Edward aux mains d'argent (1990) L'Empire contre-attaque (1980) The Dark Knight, le chevalier noir (2008) Ghost (1990) Vaiana, la légende du bout du monde (2016) Le Secret de Brokeback Mountain (2005)

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