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La critique qui jure solennellement que ses intentions sont mauvaises…

Au sommaire de ce troisième volet de la saga Harry Potter : une dame qui s’envole dans la stratosphère, des élèves débraillés, une carte magique prévue pour des gens pas très sains d’esprits et l’un des hommes les plus repoussants qui soient. Ça donne envie n’est-ce pas ? Pourtant, ce film au style totalement différent des deux premiers possède un charme singulier qui divise les spectateurs et les fans : certains considèrent que c’est l’opus qui est le moins fidèle au roman éponyme et d’autres, desquels je fais partie, pensent au contraire que ce film a su capter parfaitement l’essence et l’atmosphère de ce dernier, au-delà des évènements chronologiques de l’histoire. Là où Chris Columbus accentuait surtout sur l’émerveillement et la magie diamétralement opposée au monde “normal” dirons-nous, Alfonso Cuarón, qui ne réalisera que cet opus, se plaît à entrelacer monde moldu et monde sorcier pour la première fois et à apporter contrastes et changements aux détails auxquels on s’était habitués dans l’école des sorciers et la chambre des secrets. Cela fonde donc le caractère principal d’Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban et l’on pourrait presque dire qu’il s’agit d’un choix volontaire du réalisateur comme le montre le réagencement de la chambre d’Harry lors de la scène d’ouverture du film : fini le lit reclus contre le mur, il est désormais en plein milieu de la pièce et on trouve enfin de la personnalité dans ce qui était jusque-là bien plus une cellule qu’une chambre. Nous retrouvons également, et il me semble que c’est une première, pas mal de scènes gouvernées par un joyeux capharnaüm : le moment où la tante Marge gonfle avec une table saccagée et un bruit de coucou répétitif, la scène du bus accessoirisée d’une bande originale stridente, ces scènes ont un point commun : un évènement magique a lieu dans un contexte 100% moldu, preuve que la limite entre non-magiques (comme disent les Français) et sorciers est de plus en plus poreuse. Même les jeans et sweats à capuche ont fait leur apparition à Poudlard !

La deuxième grande nouveauté que l’on peut observer dans ce troisième opus, c’est la cohabitation soigneusement maîtrisée entre humour et angoisse. On retrouve donc quelques moments réellement destinés à faire rire les spectateurs avec un comique de situation et de gestes telles les scènes avant le Poudlard Express, celle concernant le sort Riddikulus (c’est son cours qui est riddikulus, oui Malefoy, on le sait) et même ce petit plan sur un sorcier qui lit un livre de Stephen Hawking. Et parallèlement, on remarque la présence de topoï réservés à la peur et à l’anxiété, comme des coups de vent soudains (lorsque apparaît le Sinistros) ou bien des objets qui s’animent de façon soudaine : l’aire de jeux pour enfants, le réverbère qui semble disjoncter etc.). Le point d’orgue de ces manifestations étant les scènes liées aux Détraqueurs qui forment à elles seules un vrai point fort du film tant l’angoisse y est personnifiée. On évoque ici des créatures qui se nourrissent des sentiments positifs des êtres humains et même de leur âme, il était donc important de ne pas rater ces apparitions. En parlant des scènes les concernant, celle se déroulant au lac est presque parfaite si je peux me permettre une hyperbole, elle est un savant mélange d’angoisse et de tensions entre l’afflux de ces créatures maléfiques et le fait que tout porte à croire que l’issue des personnages sera dramatique.

De plus,  présence de lieux que nous n’avions pas encore vus à l’écran jusque-là est aussi à pointer du doigt pour son usage de “teaser”. Il s’agit de l’horloge, représentation de l’importance du temps dans ce film, et la cour pavée, d’où Sirius pourra s’échapper. Faits amusants, les scènes de Quidditch d’Harry Potter et la chambre des Secrets et d’Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, n’ont lieu qu’à 1 minute de différence et représentent toutes les deux la charnière du film : elle signe le début des ennuis. Mais ce sont les seuls points communs qu’elles partagent car celle de ce troisième volet est bien à part. Cette fois le temps est maussade, l’ambiance affreuse et rien ne se passe comme prévu, preuve que le vent à tourner et que rien ne sera plus jamais pareil à Poudlard (Vous voyez aisément de quoi je parle si vous connaissez l’histoire).

Tout comme dans le deuxième opus, on accueille de nouveaux acteurs récurrents dont un “nouveau” Dumbledore sous les traits de Michael Gambon. Le directeur de Poudlard prend une nouvelle dimension avec cet acteur. Fini le côté fantasque et papy gâteau, on retrouve ici un homme honorable et avec une image dominée par la prestance. Un personnage duquel on n’oserait pas se moquer ou remettre en question.  Apparaissent également David Thewlis et Gary Oldman, pour les rôles respectifs du professeur Lupin et du criminel de sinistre renommée Sirius Black, qui font tout deux un excellent travail, aussi bien individuellement qu’en duo.

Je clos cette critique en évoquant la bande-originale puisque c’est la dernière fois que nous entendrons les douces mélodies de John Williams, l’instigateur d’un thème potteresque reconnaissable au bout de deux secondes et que chaque compositeur à venir réadaptera pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Dans cet opus, les sonorités auxquelles on avait l’habitude se mêlent à de toutes nouvelles qui sont seront exclusivement réservées à cette opus. On retrouve ainsi pour la première et la dernière fois de la flûte et du clavecin qui forme une parfaite harmonie avec l’atmosphère de ce beau film.
Oriane

Oriane, littéraire et fleur bleue, mes goûts ne sont aucunement définis, je me balade donc à travers tous les genres, tous les sujets et toutes les époques. ~ Je n'ai pas la prétention d'être une experte en technique, c'est pourquoi vous ne trouverez que de rares lignes à ce sujet dans mes articles. Le cinéma est pour moi une affaire d'émotions et de symboles que je me plaît à dénicher lors de mes visionnages pour les analyser par la suite. ~ Vous pouvez suivre mon activité cinéma et culture sur SensCritique : https://www.senscritique.com/Somnium_ Et tout mes coups de cœur musicaux sur Deezer : https://www.deezer.com/en/profile/1519332122

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